CINEMA – soirée bellocchio – cinemascotte

samedi 18 février à 19h pour une soirée spéciale consacrée à Marco Bellocchio.

 

Marco Bellocchio  est né à la veille de la seconde guerre mondiale, en régime fasciste, en Italie du Nord. Il grandit dans ce pays marqué par la honte nationale après Mussolini, la déstructuration sociale du miracle économique italien, l’échec de 68 et les années de plomb qui s’ensuivirent, et la dérive des années  Berlusconi.

Il en résulte que Bellocchio – artiste solitaire, comme tout réalisateur transalpin pris entre les tenailles du néoréalisme et de la comédie à l’italienne – est un cinéaste rageur. Non une rage blasphématoire à la Pasolini, idéologique à la Petri, comique à la Risi, baroque à la Ferreri. Plutôt une rage ténébreuse, élégante, lyrique, mais non moins inexorable. Tous les corps constitués italiens y passeront.

L’enjeu de ses films est à chaque fois le même : ménager à toute force un espace de liberté contre l’aliénation, la cruauté, la mort. Réveiller, comme aime à le dire Bellocchio, les dormeurs de leur sommeil.

A 26 ans, Bellocchio réalise avec Les Poings dans les poches un premier film d’une intensité dramatique et d’une maîtrise formelle sidérantes. Filmant des écorchés vifs, Bellocchio lamine le monde dans lequel ils sont nés.

Son dernier film Fais de beaux rêves, adapté d’un roman autobiographique de Massimo Gramellini devenu un best-seller en Italie, n’est pas seulement bouleversant par ce qu’il raconte. Il l’est aussi, et peut-être surtout, par la manière dont il le raconte, et qui s’appelle au cinéma la mise en scène. Depuis les années 2000 et les chefs-d’œuvre de la maturité (La Nourrice, Le <Ajava-script »return false; » title= »Conjugaison du verbe sourire » class= »lien_interne conjug » style=’href: « http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/troisieme-groupe/sourire/ »‘ target=_blank>Sourire de ma mère, Vincere…), Bellocchio semble <Ajava-script »return false; » title= »Conjugaison du verbe être » class= »lien_interne conjug » style=’href: « http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/auxiliaire/%C3%AAtre/ »‘ target=_blank>être passé maître dans cet art, et plus précisément dans la capacité du cinéma à faire tenir ensemble l’imaginaire et la réalité, la fiction et le document, la cristallisation des sentiments et le passage du temps.

 

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19 h : FAIS DE BEAUX REVES (2016) de Marco Bellocchio avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo 2h10 VOST

 

Turin, 1969. Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale. Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession…

 

« Une œuvre remarquable, portée par une pureté des sentiments, où les secrets et les non-dits de l’enfance peuvent dicter une vie. »

 

 

 

pause repas

 

 
> 22 h: LES POINGS DANS LES POCHES   (1966) de Marco Bellocchio avec Lou Castel, Paola Pitagora  1h45  VOST 

 

Souffrant d’épilepsie, le jeune Alessandro s’est, petit à petit, enfermé dans son monde. Perdu dans l’admiration qu’il a pour son frère Augusto, qui rêve d’épouser Lucia, et pour se donner le sentiment de dominer son destin, Alessandro entreprend de détruire le carcan familial.

 

«Il est troublant de voir à quel point l’écriture et l’univers du cinéaste italien sont déjà bien affirmés, révélateurs d’un esprit critique aiguisé envers son pays, la famille et la religion, et d’une esthétique vive, contemporaine, parfaitement à l’écoute de son sujet. »